Sawe époche un nouveau ruban d'or : sörgel soulève des questions

Sabastian Sawe a écumé Londres en 1h59:30, effaçant l’héritage de Kiptum et établissant un nouveau record du monde de marathon. Une performance qui suscite l’enthousiasme de Fritz Sörgel, expert en dopage, mais aussi des interrogations.

Un record brûlant l'imagination

Sörgel, d’abord stupéfait par cette nouvelle limite, soutient que la performance de Sawe est « réaliste », malgré des doutes persistants. Il évoque une explication plausible, bien que contestée : l'utilisation de chaussures Adidas Pro Evo 3 ultra-légères, d'un gel hydratant spécial et, plus surprenant, de pain d'épices au miel avant le départ. Un détail que Sörgel juge « ridicule », tout en se référant à des recherches approfondies sur l’influence de ces éléments.

Mais le pharmacologue n’hésite pas à pointer du doigt les failles potentielles dans les contrôles antidopage en Afrique de l’Est. Contrairement aux procédures rigoureuses observées dans les compétitions occidentales, notamment à Berlin ou à Londres, le risque de manipulation demeure, selon lui. Sawe n’a jamais été testé positif, un fait qu’il souligne avec insistance.

Le spectre de bolt et la longue tradition

Le spectre de bolt et la longue tradition

Sörgel cite même l’exemple emblématique d’Usain Bolt, dont la synchronisation parfaite entre physiologie, anatomie et technique lui a permis d’atteindre le record du monde sur 100 mètres sans jamais être dopé. Une observation qui témoigne d’une discipline et d’une maîtrise exceptionnelles, rappelant l’approche holistique de l’entraînement.

Il évoque également Abebe Bikila, le coureur éthiopien barbu victorieux aux Jeux Olympiques de 1960, avec une performance de 2h15. « 65 secondes d'amélioration en plus de 65 ans ! », s’exclame Sörgel. Il considère que cette progression est « réaliste », soulignant l'évolution constante des méthodes d'entraînement, des technologies et de la nutrition. Il insiste sur le fait que le succès de Sawe est le fruit d'une combinaison unique de facteurs, reflet d'une tradition sportive ancestrale.

Malgré son optimisme, Sörgel reste prudent. « Nous avons souvent admiré ces athlètes et cru à leurs capacités, pour ensuite être déçus. » La substance la plus probable pour atteindre de tels records, selon lui, est l'EPO. Et il le dit clairement : les contrôles antidopage en Ostafrika ne sont pas à la hauteur de ceux que l'on rencontre dans les pays occidentaux. Un constat amer, mais qui rappelle la complexité de la question.