Real sociedad: rico, trahison et épreuve estivale
Diego Rico a été pris de court par la décision de la Real Sociedad en été 2023. Un coup de faux pas qui a laissé des traces, bien au-delà du terrain.
Un contrat renouvelé, une promesse brisée
Après deux saisons réussies, ponctuées d’une qualification pour la Ligue des Champions, le latéral gauche avait signé une prolongation de son contrat en mars. Tout semblait indiquer une continuité logique au sein du club basque. Mais, comme il le relate avec une amertume palpable dans son podcast ‘La otra grada’, Roberto Olabe, le nouvel homme fort de la direction, a décidé d’un autre coup de rompre avec le joueur. « Je voulais rester, j’avais renouvelé en mars. Tout le monde me disait que je le méritais pour ce que j’ai fait sur le terrain. Et puis, en juin, le directeur sportif me dit que je devais partir, que je devais aller où je serais voulu », confie Rico, le ton glacial.
La situation s’est rapidement complexifiée. Le défenseur a tenté de comprendre les raisons de ce changement de cap. Il a parlé avec l’entraîneur au début de la préparation estivale, conscient de l’arrivée prévue d’un autre latéral gauche. L’été, il a sombré dans une introspection douloureuse, luttant contre l’incertitude. « J’ai dit, mais qu’est-ce qui s’est passé, quel changement y a-t-il eu ? Je suis arrivé un ou deux jours plus tôt en pré-saison et j’ai parlé avec le Mister : « Est-ce que c’est le cas, qu’en penses-tu ? » Je savais qu’ils allaient faire venir un autre latéral gauche. J’ai engagé un psychologue cette année-là et j’ai passé tout l’été à en parler. Essayant de comprendre. Je ne savais pas quoi faire. Jouer la Ligue des Champions, c’est un rêve depuis l’enfance, et en plus, on vous l’a arraché sur le terrain la saison précédente, et on me traite comme si j’avais fait quelque chose ! Quand je n’ai jamais posé le moindre problème, bien sûr. J’étais vraiment mis à mal », raconte-t-il, le regard perdu dans le vide.

L’aveu d’une trahison
Rico a finalement accepté de partir, en optant pour le silence et l’humilité. Il n’a pas exigé de conditions. Son plan était simple : s’entraîner, rivaliser et se battre pour une place. Mais le dernier jour du marché des transferts, il a reçu un message qui l’a frappé de plein fouet : il ne serait « personne » dans l’équipe. Il allait être « éliminé » du projet. Le lendemain, il en a parlé à l’entraîneur, qui lui a confirmé qu’il ne serait plus invité aux entraînements. « Un été qui a frappé à la maison », souligne Rico.
Ce qui lui a le plus fait mal, ce n’est pas seulement le message du club, mais l’impact qu’il a eu sur sa famille. Il affirme qu’il n’a reçu aucune explication, et que lorsqu’il a demandé des éclaircissements, il a été accueilli par la phrase : « Cherche-toi un endroit où ils te veulent ». Le sentiment d’entendre ses proches pleurer a été une épreuve insupportable. « C’était un été très difficile. Je continuais à m’entraîner comme un joueur normal, à jouer en pré-saison, sans faire de bruit, sans me montrer mes griefs, en étant un coéquipier loyal. Puis, quand j’ai fini par exploser, les coéquipiers ne croyaient pas mon histoire. C’était un choc », conclut-il, avec une amertume palpable.

Un dernier mot
L’arrivée à Getafe marque la fin d’une page douloureuse. Diego Rico garde l’image de sa famille en larmes comme le souvenir le plus douloureux d’une séparation brutale, un choix qui lui reste aujourd’hui incompréhensible. Un chapitre clos, mais pas effacé.