Francfort : leipzig doit sauver les meubles, l'europe en jeu

Francfort est au bord du précipice. Alors que la Conference League se profile, l'Eintracht Frankfurt dépend d'un miracle : une bourde de Leipzig à Freiburg. Une saison déjà chaotique pourrait connaître un dénouement improbable, mais les questions fondamentales persistent, bien au-delà de ce dernier match.

Un sauvetage improbable, mais insuffisant

Il est d'un comique amer que l'Eintracht se retrouve à encourager Leipzig, déjà qualifié pour la Ligue des Champions. Une défaite des Saxons à Freiburg offrirait une dernière lueur d'espoir à Francfort, mais même une qualification in extremis ne suffirait pas à masquer les failles béantes de cette équipe.

Markus Krösche, le directeur sportif, l'a admis : « Nous n'avons plus le contrôle de notre destin, ce n'est pas ce que nous avions imaginé. » La réalité est brutale : cette équipe, dans sa configuration actuelle, est au bord de l'implosion. Albert Riera, le flamboyant entraîneur, dont l'extravagance a plus amusé que convaincu, quitte le navire après cette dernière rencontre.

Une reconstruction radicale s

Une reconstruction radicale s'impose

Mais le renvoi de Riera ne résoudra pas les problèmes de fond. La question cruciale est de savoir quel type de club Francfort veut devenir. Un simple rouage de la Bundesliga, vendant ses meilleurs éléments pour des sommes astronomiques ? Un club formateur, capable de surprendre les grands ? Ou un véritable acteur, capable de susciter l'émotion et de mobiliser ses supporters ? L'exemple de Mönchengladbach, autrefois puissance, aujourd'hui en déclin, doit servir de leçon.

Le club doit se remettre en question. Le recrutement, basé sur un mélange de jeunes talents et de joueurs expérimentés, a atteint ses limites. Le constat est clair : un effectif sur le papier brillant ne se transforme pas automatiquement en une équipe performante. L'attitude, l'esprit d'équipe, le collectif, tout cela fait défaut. Trop de joueurs voient Francfort comme un tremplin, pas comme un projet de vie.

Le budget, lui aussi, est exigu. Francfort doit impérativement vendre pour pouvoir se renforcer. Des joueurs comme Brown, Larsson ou Collins pourraient faire l'objet de propositions. Mais les marges de manœuvre sont faibles. Il faudra également revoir les salaires à la baisse. L'avenir s'annonce donc incertain, même en cas de qualification européenne.

L'arrivée d'un nouvel entraîneur, dont le nom d'Adi Hütter revient avec insistance, devra insuffler un nouveau souffle à l'équipe et modifier les mentalités. L'Eintracht a perdu son statut de « Bayern-Jäger », et risque de sombrer dans l'anonymat. Un été décisif attend le club, un été qui déterminera son avenir.

Les erreurs du passé, comme la signature de Wahi ou la vente précipitée de Trapp, ont laissé des traces. Il faut tirer les leçons de ces erreurs et reconstruire sur des bases solides. L'Eintracht est à la croisée des chemins. Le chemin de la renaissance ou celui de l'oubli.