Transport en commun : l'italie accuse un retard inquiétant face à l'europe

L'Italie est en queue de peloton en Europe pour l'utilisation des transports publics, un constat alarmant qui a des répercussions directes sur la qualité de vie et l'environnement. Près de 70% des Italiens n'en profitent jamais.

Les chiffres révèlent une dépendance à la voiture et des conséquences graves.

Les chiffres révèlent une dépendance à la voiture et des conséquences graves.

Selon les données récentes d'Eurostat, l'Italie se classe pénultième en Europe pour l'usage des transports en commun (bus, tramways, trains, métros). Cette situation engendre une augmentation significative de la pollution atmosphérique urbaine et des coûts indirects pour le système de santé, estimés à 34 milliards d'euros par an selon la Société italienne de Médecine Environnementale (Sima).

Mais l'absence d'un réseau de transport public performant n'est pas le seul problème. Les citoyens, qu'ils soient en situation de précarité ou non, perçoivent souvent ces modes de transport comme peu sûrs, surpeuplés et insalubres. Une étude d'Inrix Global Traffic Scorecard confirme cette tendance : la congestion routière à Rome et Milan s'aggrave, avec des pertes de temps considérables pour les automobilistes.

Les conséquences sont multiples : l'Italie contribue à 26% des émissions de gaz à effet de serre liées au trafic, avec une part importante attribuée aux voitures individuelles. Le trafic routier engendre également une pollution atmosphérique importante, avec des émissions de particules fines (PM10) et d'oxydes d'azote qui affectent directement la santé publique. Selon Sima, une diminution de 10 microgrammes de PM2.5 par mètre cube pourrait entraîner une baisse de 7% de la mortalité générale.

Le président d'Agens, Gianpiero Strisciuglio, appelle à un renforcement des investissements et à une meilleure programmation pour améliorer la qualité et l'attractivité des services. Mais la sécurité et les conditions de confort sont des éléments clés pour encourager un changement de comportement. Les transports publics ne sont pas un simple moyen de se déplacer, mais une solution stratégique pour réduire la congestion, la pollution et les inégalités.

Alors que les villes italiennes sont de plus en plus étouffées, restera-t-on prisonnier de nos voitures?